Bibliothèque du Centre A.G. Haudricourt
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Étude descriptive et comparative d’une langue menacée : le tetserret, langue berbère du Niger

de Lux, Cécile (Aut.) ; Pilippson, Gérard (Dir. thèse)
Collation: 1 vol. (527 p.) : ill.Collection: Berber studies ; v. 38Note de thèse: Thèse de doctorat : Linguistique : Lyon II : 2011.Édition: [S.l.] : [s.n.], 2011.Contenu: Le tetserret est l’une des dernières langues berbères non décrite.Parlée au Niger par deux tribus seulement, les Ayttawari Seslem et les Kel Eghlal n Ennigger, il s’agit d’une langue berbère parmi les plus intéressantes, tant sur le plan linguistique, qu’historique ou socio-linguistique.En effet, le tetserret présente une situation socio-linguistique assez originale, puisqu’elle a été conservée jusqu’à nos jours, malgré une domination ancienne du tamacheq.De plus, l’origine de ses locuteurs est ignorée, et on peut se demander pour quelle raison ces derniers parlent une langue si différente du tamacheq, complétement isolée.De fait, la situation du tetserret au sein de la famille linguistique berbère est paradoxale : parlé sur une zone qu’il partage avec le tamacheq (et pendant longtemps considéré comme une variante de ce dernier), il présente de nombreuses caractéristiques qui lui sont propres, qui l’opposent fondamentalement au tamacheq, alors même qu’il partage quelques-uns de ces traits spécifiques avec d’autres langues, et en particulier avec le zénaga de Mauritanie, pourtant très éloigné géographiquement.Ainsi, l’objectif de cette thèse est double : il s’agit d’une part de donner une description détaillée d’éléments linguistiques de cette langue en danger, sur la base de données récoltées sur le terrain.D’autre part, étant donné la situation paradoxale de cette langue au sein de la famille linguistique berbère, nous avons jugé important de mettre en relation cette description avec celles de certaines autres langues mieux connues, afin de recueillir des arguments objectifs permettant de mieux situer le tetserret au sein de la famille linguistique berbère, voire d’obtenir certains arguments finalement fiables concernant l’histoire des locuteurs du tetserret.Nous avons donc ciblé trois langues de comparaison : le zénaga, que nous soupçonnions d’entretenir un lien généalogique avec le tetserret, malgré l’éloignement géographique ; le tamacheq, langue de contact du tetserret, et le tachelhit, langue berbère parlée au Maroc, à laquelle le tetserret avait parfois été rapproché, et qui nous sert ici de langue-témoin du sous-groupe de langues du Maghreb, le mieux connu.Ce travail comporte donc une description détaillée de la phonétique, de la phonologie et de la prosodie du tetserret, ainsi que de sa morphologie, toujours dans une perspective comparative.Ceci a abouti à la conclusion que le tetserret est une langue fondamentalement berbère, étant donné que sa phonologie consonantique, et, pour une grande part, sa morphologie sont très proches de celles des autres langues berbères. Cependant, comme toutes les langues méridionales du domaine berbère, sa phonologie vocalique (riche et originale), et son accentuation, sont très spécifiques, et diffèrent de toutes les autres langues.Néanmoins, le tetserret montre aussi de nombreuses spécificités qui lui sont propres, ou qu’il partage avec le zénaga de Mauritanie, très éloigné géographiquement. Ainsi, à travers cette description, nous avons pu établir, sur des critères objectifs cette fois, le lien généalogique qu’entretiennent tetserret et zénaga, renforçant cette langue qui formait, seule, un groupe marginal : ce groupe est à présent composé de deux langues. Ce dernier point donne aussi une information primordiale sur l’histoire des peuples, que nous n’aurions pu imaginer, ni en considérant la situation actuelle, ni en regardant du côté de la tradition orale : ce lien généalogique implique une histoire commune des locuteurs du zénaga et du tetserret, ce qui dément toutes les hypothèses historiques faites jusqu’à présent. En revanche, il est fort probable que ces deux langues, au moins, soient le souvenir d’un groupe ‘résiduel’ situé entre le Niger et la Mauritanie, dont l’histoire n’a gardé aucune trace.Outre un lien intéressant entre linguistique et histoire des peuples, ce travail nous a encore permis de percevoir une image plus juste de la famille linguistique berbère dans son ensemble, et met en doute, en particulier, la non-unicité de la famille linguistique berbère, qui apparaît au moins scindée en deux, divisée entre nord et sud. Enfin, l’analyse d’études existantes sur la socio-linguistiques du tetserret a permis d’expliquer les raisons pour lesquelles le tetserret a été conservé sur une période assez importante, et pourquoi les parties de la langue que nous avons décrites ici sont les mieux conservées, contrairement à certaines parties du lexique ou de la syntaxe.Ce travail, basé sur la description d’une langue en danger, à partir de données de terrain, situé dans une perspective comparative, montre donc le lien fort qu’il peut y avoir entre la linguistique, l’histoire et la socio-linguistique, et donne des renseignements d’une importance primordiale, tant sur la langue en elle-même que sur son environnement. (résumé theses.univ-lyon2.fr) Thématique: Linguistique, langues Thématique spécifique: Phonologie | Prosodie | Langue en danger | Linguistique historique et comparative | Acoustique | Morphologie (linguistique) | Diachronie | Phonétique | Terrain scientifique | Contact de langues Géographique: Niger Langue: Tetserret | Tachelhit | Zénaga | Berber | Tamasheq | Afro-Asiatic languagesType de document: ThèseLangue du document: français Ressource en-ligne: Accès public
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Available Document électronique

Thèse de doctorat : Linguistique : Lyon II : 2011

Bibliogr.

Le tetserret est l’une des dernières langues berbères non décrite.Parlée au Niger par deux tribus seulement, les Ayttawari Seslem et les Kel Eghlal n Ennigger, il s’agit d’une langue berbère parmi les plus intéressantes, tant sur le plan linguistique, qu’historique ou socio-linguistique.En effet, le tetserret présente une situation socio-linguistique assez originale, puisqu’elle a été conservée jusqu’à nos jours, malgré une domination ancienne du tamacheq.De plus, l’origine de ses locuteurs est ignorée, et on peut se demander pour quelle raison ces derniers parlent une langue si différente du tamacheq, complétement isolée.De fait, la situation du tetserret au sein de la famille linguistique berbère est paradoxale : parlé sur une zone qu’il partage avec le tamacheq (et pendant longtemps considéré comme une variante de ce dernier), il présente de nombreuses caractéristiques qui lui sont propres, qui l’opposent fondamentalement au tamacheq, alors même qu’il partage quelques-uns de ces traits spécifiques avec d’autres langues, et en particulier avec le zénaga de Mauritanie, pourtant très éloigné géographiquement.Ainsi, l’objectif de cette thèse est double : il s’agit d’une part de donner une description détaillée d’éléments linguistiques de cette langue en danger, sur la base de données récoltées sur le terrain.D’autre part, étant donné la situation paradoxale de cette langue au sein de la famille linguistique berbère, nous avons jugé important de mettre en relation cette description avec celles de certaines autres langues mieux connues, afin de recueillir des arguments objectifs permettant de mieux situer le tetserret au sein de la famille linguistique berbère, voire d’obtenir certains arguments finalement fiables concernant l’histoire des locuteurs du tetserret.Nous avons donc ciblé trois langues de comparaison : le zénaga, que nous soupçonnions d’entretenir un lien généalogique avec le tetserret, malgré l’éloignement géographique ; le tamacheq, langue de contact du tetserret, et le tachelhit, langue berbère parlée au Maroc, à laquelle le tetserret avait parfois été rapproché, et qui nous sert ici de langue-témoin du sous-groupe de langues du Maghreb, le mieux connu.Ce travail comporte donc une description détaillée de la phonétique, de la phonologie et de la prosodie du tetserret, ainsi que de sa morphologie, toujours dans une perspective comparative.Ceci a abouti à la conclusion que le tetserret est une langue fondamentalement berbère, étant donné que sa phonologie consonantique, et, pour une grande part, sa morphologie sont très proches de celles des autres langues berbères. Cependant, comme toutes les langues méridionales du domaine berbère, sa phonologie vocalique (riche et originale), et son accentuation, sont très spécifiques, et diffèrent de toutes les autres langues.Néanmoins, le tetserret montre aussi de nombreuses spécificités qui lui sont propres, ou qu’il partage avec le zénaga de Mauritanie, très éloigné géographiquement. Ainsi, à travers cette description, nous avons pu établir, sur des critères objectifs cette fois, le lien généalogique qu’entretiennent tetserret et zénaga, renforçant cette langue qui formait, seule, un groupe marginal : ce groupe est à présent composé de deux langues. Ce dernier point donne aussi une information primordiale sur l’histoire des peuples, que nous n’aurions pu imaginer, ni en considérant la situation actuelle, ni en regardant du côté de la tradition orale : ce lien généalogique implique une histoire commune des locuteurs du zénaga et du tetserret, ce qui dément toutes les hypothèses historiques faites jusqu’à présent. En revanche, il est fort probable que ces deux langues, au moins, soient le souvenir d’un groupe ‘résiduel’ situé entre le Niger et la Mauritanie, dont l’histoire n’a gardé aucune trace.Outre un lien intéressant entre linguistique et histoire des peuples, ce travail nous a encore permis de percevoir une image plus juste de la famille linguistique berbère dans son ensemble, et met en doute, en particulier, la non-unicité de la famille linguistique berbère, qui apparaît au moins scindée en deux, divisée entre nord et sud. Enfin, l’analyse d’études existantes sur la socio-linguistiques du tetserret a permis d’expliquer les raisons pour lesquelles le tetserret a été conservé sur une période assez importante, et pourquoi les parties de la langue que nous avons décrites ici sont les mieux conservées, contrairement à certaines parties du lexique ou de la syntaxe.Ce travail, basé sur la description d’une langue en danger, à partir de données de terrain, situé dans une perspective comparative, montre donc le lien fort qu’il peut y avoir entre la linguistique, l’histoire et la socio-linguistique, et donne des renseignements d’une importance primordiale, tant sur la langue en elle-même que sur son environnement. (résumé theses.univ-lyon2.fr)

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